LA PRATIQUE DE L'ESCALADE

Ecrit par webmaster, le 24 avril 2005 à 10h00
Modifié le 13 février 2008 à 14h16
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Globalement, on distingue plusieurs types d'escalade : le terrain d'aventure, la falaise, le bloc et l' urban.
L'escalade indoor (en salle), se pratique sur des murs artificiels spécialement conçus, ou se déroulent la plupart des compétitions.


Bloc


La pratique du bloc s'effectue avec un minimum de matériel :


  • une paire de chaussons,
  • de la magnésie ou du pof (collophane dans une poupée),
  • un tapis pour poser les pieds propres afin de préserver l'adhérence,
  • un « crash-pad », c'est-à -dire un tapis qui amortit les chutes.

Une corde est très rarement nécessaire du fait de la faible hauteur
des blocs. En revanche, une parade est conseillée afin de stabiliser le
grimpeur dans sa chute. Le site de bloc de Fontainebleau (France), de part la quantité et la qualité des blocs (grès)
possède une renommée internationale.


L' urban climbing (ou grimpe urbaine)


Discipline récente, ressemblant fortement à la pratique en bloc,
tant au niveau de l'esprit que de l'équipement (juste de la pof, un
crash-pad, des chaussons) consistant à réapprivoiser l'espace urbain
pour en faire un lieu d'escalade. De nombreux lieux (ou Spots) sont
référencés sur les sites d'urban, notamment sur Toulouse et ses
environs.


Falaise et terrain d'aventure


En revanche, la pratique en falaise impose l'utilisation de cordes, baudriers, mousquetons,
un casque, etc. Le terrain d'aventure, se déroulant sur falaise non-équipée, nécessite un
équipement plus montagnard comme des coinceurs, des sangles...
Celle-ci se fait de deux manières suivant qu'on monte en premier (on dit monter en tête)
ou derrière une autre personne (on dit monter en second).
En général, les parois sont équipées, c'est-à -dire préparées : Les
équipeurs ont brossé la roche, aménagé un accès et surtout fixé des
points d'attache dans le rocher. Ces points, situés à intervalles
réguliers (environ deux mètres) permettent au grimpeur de faire passer
sa corde, assurant ainsi sa sécurité en cas de chute. En terrain
d'aventure, le premier protège lui-même la cordée en installant des
points d'assurage enlevables.
Le Parc national de Yosemite, en Californie, est un des sites d'escalade les plus fréquentés du monde.


Monter en tête


Le premier grimpeur escalade la paroi et à chaque point, il accroche
une dégaine (deux mousquetons reliés par une sangle) et y fait passer
sa corde.
Le grimpeur procède ainsi jusqu'à arriver au relais.

Il faut bien remarquer que lorsque le premier de cordée se
retrouve au-dessus du dernier point accroché, la chute éventuelle est
plus importante que s'il se trouve en dessous. En effet il tombera
d'environ 2 fois la distance baudrier-point, plus l'élasticité de la
corde.

Arrivé au relais, le premier de cordée peut choisir de
descendre immédiatement ou de faire monter le second grimpeur,
obligatoire pour une voie de plusieurs longueurs.
Dans le cas de la descente, la procédure est appelée « moulinette » :
Le grimpeur doit faire passer la corde dans le relais pour pouvoir
redescendre et récupérer ses dégaines. La personne se vache (s'assure
au relais grâce à une corde et un mousqueton qu'il a déjà sur son
baudrier), puis attache la corde à son baudrier (une deuxième fois pour
assurer la corde), et détache le bout de la corde qui l'a assuré
pendant l'ascension.
La corde étant toujours attachée par le deuxième noeud,
s'il la lâche, la corde ne tombera pas en bas de la paroi,elle sert
également d'assurage, si le relais cède, et si le grimpeur a pris le
soin de l' accrocher au pontet, et non pas au porte matériel, et que l'
assureur reste vigilant. Il passe ensuite ce bout de corde dans le
relais et refait le noeud à son baudrier pour s'assurer. Enfin, il
détache le deuxième noeud et se dévache. Il peut maintenant redescendre
la falaise pour permettre au(x) second(s) de monter. Au passage, il
peut récupérer les dégaines.

Pendant cette phase, la corde doit toujours rester accrochée au
baudrier au moins par un noeud. Il ne faut jamais enlever une vache ou
une dégaine tendue car c'est peut-être celle qui vous assure
réellement !


Monter en second


Dès que celui qui monte en tête atteint le relais, il s'y "vache".
Il assure d'en haut celui qui monte en second. La corde peut être plus
ou moins tendue selon le souhait du second. Au fur et à mesure de sa
progression, le second récupère les dégaines qu'a posées le premier
pour assurer sa progression.
Arrivé au relais, le second peut alors enchainer sur la longueur
suivante, qu'il gravira alors en premier (progression en réversible).
Il peut aussi rester au relais pour assurer son compagnon. Cette
deuxième solution, qui s'impose quand le 2nd n'est pas assez
expérimenté pour gérer une longueur en tête, présente l'inconvénient de
nombreuses manoeuvres au relais : ravaler la corde, rendre les
dégaines au premier, gestion des 'vaches'. Tout cela prend du temps et
peut être rédhibitoire pour les plus longues voies.


Monter en moulinette


Cette fois-ci la corde passe par le relais en haut de la voie. La
personne est constamment assurée, la corde légèrement tendue. C'est une
bonne façon de débuter l'escalade en limitant la crainte de la chute.
L'assureur est au pied de la voie.
On ne peut ainsi parcourir que des voies d'une longueur.


Niveaux


Le niveau en escalade dépend du type d'escalade. Généralement,
en France, la difficulté des voies (la cotation) est signalée par un
chiffre (1 - 9) et une lettre de a à c ou un + ou un -
si on utilise les anciennes notations. Par exemple, ... < 3a < 3b
< 3c < 4a < ... Certains topos et les montagnards utilisent
des chiffres latins (IV, V+...).
Parfois on ajoute un + pour signifier que la voie est un peu plus
difficile sans pour autant être du niveau supérieur (6b < 6b+ <
6c) ; on peut aussi donner deux cotations (5c/6a), par exemple si
les prises sont difficiles à atteindre pour les petits. Dans la
pratique, les cotations démarrent généralement au 4 voire 3, le 1
correspondant historiquement à la station horizontale dans l'esprit de
l'inventeur de cette échelle, Welzenbach.
Il existe d'autres échelles de cotation, notamment aux à états-Unis, en
Angleterre et en Australie.
Le système de notation anglais propose deux cotations par voie,
permettant de noter la difficulté et l'engagement, car la plupart des
voies anglaises ne sont pas équipées, et parfois difficile à protéger.

En bloc, la couleurs des flèches peintes sur le rocher
définissent la difficulté globale du circuit, qui peut être augmentée
d'un + ou diminuée d'un -. Il faut cependant nuancer car
la hauteur du bloc ou la réception en cas de chute influencent la
cotation. Les cotations bloc (en particulier à Fontainebleau) sont plus sèches qu'en falaise.

Pour la plupart des circuits, le tableau suivant résume l'ordre des cotations :




















Difficultés en bloc
Couleur
Abréviation
Nom
Cotation
Blanc enfant F Facile 1
Jaune PD Peu Difficile 2
Orange (parfois vert) AD Assez Difficile
3
Bleu D Difficile 4
Rouge TD Très Difficile 5
Noir/Blanc ED Extrêment Difficile
6
Hors-circuit ABO Abominablement Difficile
7 et 8

Les circuits enfant sont peints en blanc et cotés différemment : le + ou le -
cote la difficulté du parcours et le chiffre désigne l'âge de
l'enfant : 1 en primaire, 2 entre l'école et le collège et 3
après. Exemples E3, E1+, etc.


Vocabulaire



Après travail

La voie a été passée/enchainée après étude de la voie et après
plusieurs tentatives.

Artif'

Pour artificiel. On pose soi-même des points permettant de progresser
à l'aide d’étriers par exemple.

Assurer

Gérer la corde utilisée par le grimpeur pour assurer sa sécurité.

à€ vue

Aucune étude de la voie n'a été faite avant de s'y engager pour
la première fois.

Baudrier

Harnais de sécurité auquel on attache la corde.

Bloc

Voie escaladée sans baudrier (donc sans être assuré) contenant
quelques prises, qui ne s'élève que de quelques mètres. Un matelas
(crash-pad) peut être posé en dessous de la voie.

Bloc

Nom donné à la pratique de l'escalade sur bloc.

Broche

Anneau métallique fixé dans la paroi afin d'y accrocher une dégaine.
Elle est constituée d'une unique pièce en forme d'anneau prolongé
d'une tige cette dernière est scellée à l'aide d'une colle chimique.
(cf spit)

Chaussons

Nom donné aux chaussures d'escalade, dotés d'une semelle en résine
afin d'augmenter l'adhérence, ils doivent bien tenir le pied afin
d'en augmenter la précision.

Cheville

Pièce métallique à pas de vis femelle destiné à recevoir une plaquette.
Les chevilles autoforeuses peuvent être placées sans matériel motorisé.

Coinceur

Pièce (généralement) métallique utilisée en montagne et en terrain
d'aventure, se coinçant dans les fissures du rocher et permettant
de créer des points d'assurage mobiles et récupérables. Voir la page
sur les coinceurs.

Dégaine

Une dégaine est constituée de deux mousquetons reliés par une sangle.

Descendeur

Pièce de métal (frein) permettant la descente en rappel le long
d'une corde et qui est utilisé pour assurer un grimpeur.

Enchaîner une voie

Passer la voie dans son intégralité, sans tomber et sans repos
sur la corde. Une voie peut être enchainée « à vue », « flash »
ou « après travail ».

Flash

On a observé un autre grimpeur dans la voie avant de s'y engager
pour la première fois ou des indications ont été fournies

Goujon

système métallique à filetage mâle destiné à recevoir une plaquette

Gri-gri

Type de systeme d'assurage autobloquant qui, en cas de chute du
grimpeur, bloque automatiquement la corde sans intervention de l'assureur.

Graton (ou grat’)

Très petite prise, souvent douloureuse et agressive.

Huit

Type de descendeur en forme de « 8 ».

Magnésie

Poudre blanche synthétique dont on enduit les doigts afin d'améliorer
l'adhérence des mains au rocher par absorption de la sueur. Il s'agit
en fait de carbonate de magnésium basique Mg(OH)2.
3MgCO3. 3H2O.

Mono ou Monodoigt

Prise ou l'on ne peut introduire qu'un seul doigt.

Plaquette

morceau de métal vissé sur un spit et donc ancré sur le rocher,
pouvant recevoir une dégaine ou, doublé avec un autre amarrage, une
chaîne pour faire un relais

Pof

Produit naturel (résine de pin séchée, colophane) au même usage
que la magnésie mais le pof colle réellement et n'absorbe pas la transpiration.

Prussik

Anneau de cordelette utilisé pour l'assurance autonome en rappel.
La cordelette est enroulée sur la corde de rappel et reliée au baudrier,
et sert d'autobloquant si le grimpeur lâche son descendeur (peut être
remplacé par des autobloquants mécaniques).

Relais

Etape au milieu ou au sommet d'une falaise, constitué de plusieurs
ancrage reliés entre eux. Nécessaire lors du parcours de grandes voies
o๠la progression s'effectue de relais en relais. Le premier grimpeur
atteint le premier relais, est rejoint par son second, puis il atteint
le second relais et ainsi de suite.

Réversible

Lors de l'ascension d'une grande voie, le premier de cordée et
le second de cordée échangent leurs rôles d'une longueur à l'autre.

Site (d'escalade)

Lieu naturel dans lequel on peut pratiquer l'escalade, souvent
pré-équipé d'ancrage/spits (plaquettes, broches voire piton) et souvent
entretenu par les membres de clubs locaux.

Topo

Plan de la falaise permettant d'y repérer les voies.

Voie

Cheminement à suivre sur une paroi. Chaque voie a une cotation
et un nom. Certaines voies comportent plusieurs longueurs (voir Relais).
Chaque longueur comporte plusieurs spits distant d'1 ou 2 mètres.

Vol

Chute (assurée) du grimpeur

Secteur

Partie d'un grand site qui rassemble plusieurs voies.

Spit

à€ l'origine Spit était la seule marque à distribuer des
chevilles autoforeuses. Le nom a été étendu aux chevilles en général.
Les chevilles, comme les goujons, sont des ancrages métalliques enfoncés
dans le rocher sur lesquels sont vissés les plaquettes.

Vacher

Synonyme générique de fixer, attacher. Une vache est constituée
d'un bout de corde attaché au baudrier et terminé par un mousqueton.
Cette vache est utilisée pour s'accrocher au relais (la personne est
vachée) pouvant ainsi se reposer et procéder tranquillement au passage
de la corde dans le relais.