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Conquête des gouffres en France

Conquête des gouffres en France

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On attribue à Louis Marsolliers la première descente, à la force des bras, dans un gouffre languedocien de près de quarante mètres, en juillet 1780 ! Avec lui, de nombreux pionniers contemporains de Diderot et de D'Alembert, poussés par une curiosité scientifique, seront les précurseurs d'une discipline qu'on nommera plus tard la « spéléologie ». Avec les romantiques, la grotte devient à la mode. Les cavernes sont aménagées pour être visitées et l'aventure est recherchée par une bourgeoisie en quête d'émotion et de retour à la nature.

Les archéologues découvrent les restes des hommes des cavernes et leurs peintures. La caverne séduit par son mystère, par son histoire redécouverte et par ses secrets. C'est en juin 1888, avec la traversée de la rivière souterraine de Bramabiau, qu'à édouard-Alfred Martel met en évidence le système hydrogéologique d'un cours d'eau souterrain qu'il recherchera ensuite dans nombre de campagnes menées dans les différents massifs karstiques français.

Martel
Edouard-Alfred Martel vers 1920

Martel mettra en ouvre plusieurs techniques, passant de l'escarpolette à l'échelle de corde, se servant du téléphone. Il fera découvrir l'hygiène des sources en démontrant qu'il est nécessaire de créer un périmètre de protection en terrain calcaire.

Après la guerre de 1914-1918, laquelle a interrompu pour un long moment l'exploration souterraine, deux grands noms vont assurer la relève : Robert de Joly et Norbert Casteret.

Casteret
Norbert Casteret dans un laminoir avec une lampe acétylène

De Joly marquera son temps par la discipline spartiate et hiérarchisée qu'il impose à son équipe et par le matériel moderne issu de l'industrie de guerre qu'il mettra au point pour ses explorations. Casteret est un solitaire, ses découvertes (notamment la résolution de l'énigme des sources de la Garonne) sont l'ouvre d'un individu exceptionnel qui a su ruser avec la nature. Ses quelques trente livres et plusieurs centaines de conférences ont fait de Casteret l'inspirateur de multiples vocations de spéléologues. L'entre-deux guerres verra l'arrivée d'alpinistes, accoutumés au vide, apportant avec eux de nouvelles connaissances techniques.

La spéléologie se « démocratise » du fait de l'emploi de la technique sur corde simple. Les expéditions, beaucoup plus légères, permettent la découverte d'énormes réseaux labyrinthiques bien plus complexes que ne l'envisageaient les théories de Martel !

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Gouffre en France

A la Libération, les livres de Martel et l'esprit de liberté de l'après-guerre, font affluer de nombreux jeunes vers cette activité devenue « spéléologie sportive ». C'est la naissance des spéléo-clubs et avec elle l'augmentation des records de profondeurs atteintes dans les cavités. La spéléologie française, à la première place dans le monde, essaime, organise des expéditions à l'étranger et se fédère (FFS).

La FFS à son tour se structure et crée l'école française de spéléologie (EFS). L'apport de cet enseignement, lié à de nouvelles techniques de progression aux bloqueurs et descendeurs sur cordes simples, fait exploser le nombre des cavités explorées. Les records de profondeur ou de développement de réseaux se succèdent.


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